Ethnie YI 6,5 millions d'Habitants

Histoire

La langue yi appartient au groupe des langues tibéto-birmanes de la famille des langues tibéto-chinoises, et les Yi parlent également six dialectes. Cependant, de nombreux Yi du Yunnan, du Guizhou et du Guangxi connaissent le chinois commun. Historiquement, les Yi avaient une écriture syllabique appelée vieille langue yi, formée au XIIIe siècle. L’on estime que cette écriture aurait 10 000 mots, dont 1 000 mots courants. Dans les régions des Yi, on peut encore trouver des œuvres d’histoire, de littérature et de médecine, de même que des généalogies des familles dirigeantes écrites dans cette langue. Aux IIe et IIIe siècles av. J.-C., les activités des Yi se centraient surtout au Yunnan et au Sichuan. Par la suite, les Yi prirent de l’expansion vers le nord-est et le sud du Yunnan, ainsi que vers le nord-ouest du Guangxi.

Les Yi ont connu une longue société primitive à l’âge de pierre et une société matriarcale. Le patriarcat n’aurait fait son apparition qu’il y a environ 2 000 ans. Autour du IIIe et du IIe siècles av. J.-C., la société des Yi a commencé à se structurer en classes. Durant la dynastie des Han, des préfectures furent établies et le chef des Yi portait le titre de : « roi de Dian ». Autour du VIIIe siècle, En 937, l’État de Dali succéda à l’État de Nanzhao qui s’écroula sous les mouvements d’esclaves et de paysans. Dès lors, le système esclavagiste des Yi du Yunnan se désintégra. Après le XIIIe siècle, Dali fut conquis par les Yuan

Durant les Ming, des administrateurs de l’extérieur et des chefs locaux furent employés, certains gouvernements en ayant même des deux types. À cette époque, de nombreux Han émigrèrent vers la région. La dynastie des Qing (1644-1911) abolit le système de nomination des chefs héréditaires et confirma la nomination d’administrateurs, ce qui raffermit son emprise directe sur les régions des Yi et mit en place une économie de seigneurs féodaux.

Après la fondation de la République populaire de Chine, des districts autonomes yi furent établis à tour de rôle, soit de 1952 à 1980. La société yi s’est peu à peu tirée de l’esclavagisme.

L’ETHNIE Yi, forte d’une population de 6,5 millions de personnes, est répandue principalement dans les provinces du Sichuan, du Yunnan et du Guizhou, ainsi que dans la région autonome zhuang du Guangxi. C’est dans la préfecture autonome Yi de Liangshan, province du Sichuan, qu’on compte la plus grande communauté Yi de Chine. La plupart des Yi vivent dans les régions montagneuses, certains à haute altitude, et un petit nombre dans les plaines et les vallées. Puisque la température varie selon l’altitude, on dit que c’est pour cette raison que les Yi sont si différents les uns des autres dans leur façon de gagner leur vie. Les régions des Yi sont riches en ressources naturelles, non seulement en charbon mais également en étain, or, argent, aluminium, manganèse, antimoine et zinc. De vastes forêts s’étendent dans ces régions et celles-ci abritent de nombreux arbres à valeur économique. Plantes, animaux sauvages et herbes médicinales abondent également.

Medecine

On a mis à profit la longue expérience de médecine traditionnelle de cette ethnie, surtout en améliorant ses capacités de transformation. Le célèbre médicament Yunnan Baiyao, connu mondialement, (une poudre blanche particulièrement efficace pour traiter les hémorragies, les blessures et les fractures) a été légué par des générations de Yi du Yunnan.
Religion : Historiquement, les Yi étaient polythéistes, et ils combinaient la vénération des ancêtres avec les pratiques bouddhiques et taoïstes. Les Yi des monts Liangshan vénéraient les dieux et les esprits, offraient des sacrifices. Leurs pratiques religieuses étaient présidées par des sorciers.

Dans la plupart des régions yi, on cultivait le maïs, le sarrasin, l’avoine et les pommes de terre. La production du riz était limitée. Les paysans yi se nourrissaient de glands, de bananes, de céleri et d’herbes sauvages à l’année longue. Le sel était rare. Lors des fêtes, de la viande bouillie avec du sel était un mets recherché, mais seuls les seigneurs pouvaient en profiter.

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