Les Sindhis 24 Millions

Capitale: Karachi
Population: 24 millions
Langues officielles: sindhi et ourdou
Groupe majoritaire: sindhi (70 % de la province)
Groupes minoritaires: ourdou, goudjarati, jadgali, koli, od, saraiki, etc.
Système politique: l’une des quatre provinces de la République islamique du Pakistan
Le Sind (env. 24 millions) fait partie de l’une des quatre provinces de la République islamique du Pakistan. Cette province de 140 900 km2 est située au sud-est du pays. Le Sind est borné au sud par la mer d’Oman, à l’ouest et au nord-ouest par la province du Baluchistan, au nord par la province du Penjab et à l’est par l’Inde (voir la carte).

Dans ce pays de 142 millions d’habitants, c’est la province du Penjab représentant 55,6 % de l’ensemble de la population qui constitue de ce fait la province la plus puissante dans la fédération. Elle est suivie de la province du Sind (23 %), de province «Frontière du Nord-Ouest» (13,4 %) et de la province du Baloutchistan (5 %). Au plan religieux, la plupart des Pakistanais sont de religion musulmane (96 %) dont 77 % de rite sunnite et 20 % de rite chiite. Les autres groupes forment ce qu’on appelle les «minorités» et représentent 3,3 % de la population: ils se composent de chrétiens, d'hindous, d'ahmadis, de parsis, de bouddhistes et de sikhs.

Dans la province du Sind, 16,8 millions de personnes (sur un total de 24 millions), soit 70 %, parlent le sindhi. Cette langue indo-iranienne est parlée également dans le pays voisin, l’Inde, ainsi qu’à Singapour, pour un total de 19 millions de locuteurs. Dans la province du Sind, les autres langues, qui appartiennent toutes au groupe indo-iranien sont principalement l’ourdou, le goudjarati, le jadgali, le koli, l’od et le saraiki.

Des quatre provinces du Pakistan (Baluchistan, Penjab, Sind et Frontière du Nord-Ouest), seul le Sind possède deux langues officielles, soit l’ourdou et le sindhi. Seul le sindhi a acquis un prestige et un statut différent des autres langues baloutchi, le . Le sindhi est, en effet, la seule langue régionale a avoir acquis un statut officiel reconnu à la fois par le gouvernement fédéral et la Constitution.

Ce statut particulier est dû au fait que le chef du gouvernement fédéral (Zulficar Ali Bhutto), au moment de la promulgation de la Constitution de 1973, était un Sindhi et jouissait d’une popularité exceptionnelle dans tout le pays. Il lui a été facile de favoriser et sa langue et sa province d’origine. Ainsi, plus particulièrement dans la province du Sind, les Sindhis ont peur de perdre leur majorité démographique et linguistique depuis l’arrivée massive des immigrants musulmans venus de l’Inde et des autres provinces pakistanaises. Les «étrangers» sont très mal acceptés et des problèmes ethniques surviennent, notamment à Karachi, la capitale du Sind. Dans cette province, la langue sert d’instrument d’identification ethnique plus que partout ailleurs au Pakistan. Dans les trois autres provinces, l’ourdou est reconnu comme unique langue officielle.