Dynastie Qing ou Tsing : Manchoue : 1644-1911

La Chine connaît l'apogée de ses deux mille ans d'histoire, puis son effondrement, sous la dynastie impériale Mandchoue Qing. Avec une organisation politique très centralisée calquée sur celle des Ming, les Mandchous imposent d'abord un régime brutal à l'encontre des Hans Chinois tel le port obligatoire de la natte sous peine de mort. Devenus plus conciliants, ils accordent alors aux Hans la moitié des postes de hauts fonctionnaires à Beijing, capitale de l'empire. Si, à la fin du XVIIème les Qing ont éliminé toute opposition favorable au retour des Ming, ils ont également semé de profonds sentiments anti-mandchous…

Au milieu du XVIIIème, la dynastie atteint son apogée sous le règne de Qianlong (ci- dessus 1736 - 1796) : la Mandchourie, la Mongolie, l'actuelle province du Xian Kiang et le Tibet sont entre les mains du régime. Le Népal, la Birmanie, les îles Ryukyu, la Corée et le nord du Vietnam reconnaissent la suzeraineté de la Chine. L'empire chinois devient le plus vaste état du monde et le plus peuplé avec quelques 200 millions d'habitants.

Mais cette explosion démographique entame gravement les capacités de production après une période de paix et de prospérité sans précédent. A la fin du XVIIIème, la situation économique de la paysannerie, les ressources financières sont au plus bas, d'autant plus que la Chine doit faire face aux ambitions grandissantes des puissances occidentales et, notamment, celle de l'Angleterre.

De plus, à partir de 1850, le régime déjà très affaibli est en proie à une terrible révolte populaire meurtrière (20 millions de morts de 1853 à 1864)

Malheureusement, l'empire chinois accumule les défaites face aux puissances étrangères : elle perd le Viêt-Nam au profit de la France, la Birmanie au profit de l'Angleterre, elle doit reconnaître l'indépendance de la Corée, céder l'île de Taiwan et la péninsule du Liaodong (sud de la Mandchourie) au Japon… En 1898, l'empire chinois est complètement morcelé en zones d'influence étrangères et criblé de dettes.

Cette même année, un groupe de réformateurs éclairés ayant obtenu l'appui du jeune empereur Guangxu tentent de mettre en place un programme de réformes radicales qui vise à moderniser l'économie et l'éducation dans le cadre d'un régime monarchique constitutionnel. Mais, les très conservateurs dignitaires mandchous nommés par l'impératrice douairière Cixi mettent un terme définitif à cette réforme en capturant l'empereur. En 1900, la révolte des Boxers, société secrète investie de fanatiques et de xénophobes, ultime tentative soutenue par l'impératrice pour chasser les étrangers, est finalement écrasée par un corps expéditionnaire occidental. Totalement discréditée, la dynastie Mandchoue adopte alors en 1902 son propre programme de réformes. Insuffisantes, trop tardives, ces propositions de réformes constitutionnelles se heurtent aux pesanteurs impériales et aux querelles de palais. Peu de temps avant sa mort, l'impératrice assoie sur le trône Puyi, un enfant de trois ans.

Durant l'été de 1911, plusieurs soulèvements se font jour contestant un programme de nationalisation des chemins de fer établi par les Qing. Le mouvement républicain, sous l'autorité de Sun Yat-sen, déclenche une révolte et s'empare d'Hanghou. En trois mois, l'empire se désagrège. le 1er janvier 1912, la République est proclamée. Le jeune Puyi, dernier empereur de Chine, est déposé en février de la même année.

Le règne de la dernière dynastie chinoise fut marqué (entre autres événements) par les guerres de l'opium, une politique fermement isolationniste, une corruption galopante.

Corridors - Ponts - Jardins - temple Bouddha - du Palais d' Èté
Qianlong
Cité Interdite
Sérigraphies paysages
Parc Yu Yuan à Shanghai
Jonque marbre du palais d'éte

"L’art est à l’esprit ce que l’outil est à la main "...
Cette pensée trouve son expression dans les Beaux Arts de la Chine qui immortalisent ce mouvement de l’esprit dans : la peinture et à la calligraphie, la sculpture, la musique, la danse et l’opéra, l’architecture, l’artisanat (laque, jade, bronze, cloisonné, céramique, porcelaine, soie, armes... ).

L'architecture des Qing, copie soigneuse de celle des Ming, reste assez terne, malgré des bâtiments dignes d'intérêt, tels les temples de la Terre et du Ciel à Pékin. Le second surtout, par sa forme ronde, est un des édifices les plus remarquables de la capitale chinoise. Signalons aussi le palais d'Été, imposant chef-d'œuvre de l'architecture de paysage avec ses lacs, ses ponts, ses pavillons et sa fameuse « Jonque de marbre ».